mardi 21 novembre 2017

Romain Gary - The Kites

Ça y est, je suis rentrée en France :'^( :'^( :'^(
Pour me consoler, à mon arrivée, j'ai trouvé dans la boite aux lettres :
Un roman de ROMAIN GARY dont j'ai illustré la couverture.
Mon rêve depuis le lycée...
C'est grâce aux éditions Text Publishing qui publient la version Australienne, et surtout grâce à la traductrice Miranda Richmond qui a repéré cette illustration que j'avais faite en groupie il y a quelques années. C'est tellement un CADEAU des commandes comme ça...
Titre original : Les Cerfs-Volants.
À lire.

(C'était une petite parenthèse avant de vous parler de nouveau de mon dernier album. Oui j'ai encore des choses à dire !) 

mercredi 25 octobre 2017

Le Lance-pierres de Porto-Novo -5- Exposition à Cotonou


J'ai appris que je n'avais pas que des lecteurs français sur ce blog, mais aussi des lecteurs béninois.
Ce message est donc pour eux : l'ensemble des peintures originales du livre Le Lance-pierres de Porto-Novo est exposé au CCF (Institut Français) de Cotonou, quartier Awhanleko sur l'avenue Jean-Paul II cette semaine.
AUJOURD'HUI (mercredi 25 octobre) rendez-vous à 18h au CCF pour une rencontre avec Florent Couao-Zotti et moi-même, sous la paillote. Nous y parlerons de nos métiers respectifs et de la création de ce livre. La librairie Notre-Dame sera présente pour proposer le livre à la vente, que nous pourrons vous dédicacer.
J'espère vous rencontrer à cette occasion !

Merci à Vincent et son apprenti pour m'avoir aidée à monter l'expo dimanche !











Il est possible aussi, sur place, de découvrir le petit film de présentation que nous avons réalisé avec Julien Thomas.
Au plaisir de vous rencontrer ce soir !



 ***


 EDIT 31/10/17 : L'exposition touche déjà bientôt à sa fin (plus que quelques jours pour la voir).
J'ajoute ici quelques photos de la rencontre publique en compagnie de Florent Couao-Zotti à L'Institut Français de Cotonou. C'était une très belle soirée !
Un grand MERCI à toute l'équipe de l'Institut Français !
La bonne nouvelle : comme l'exposition a été prolongée d'une semaine supplémentaire, elle était montée en même temps que le concert samedi soir à l'Institut Français du mythique Orchestre Poly-rythmo de Cotonou. C'est bête mais cette concomitance m'a bien fait plaisir !



 




vendredi 13 octobre 2017

Le Lance-pierres de Porto-Novo -4- Dédicaces Lyon





Chers lecteurs lyonnais,
La super librairie Rive Gauche à Lyon (quartier Guillotière) m'a invitée à venir dédicacer mes livres demain (samedi 14 octobre) à 11h !
Une lecture de l'album Le lance-pierres de Porto-Novo par la compagnie les Chapechuteurs précèdera la signature.
Au plaisir de vous y croiser...









EDIT : C'est fini ! c'était hier et c'était très sympa. Merci d'être venus nombreux !
Merci aussi à Milena Mogica qui a conté l'histoire à merveille.
Et bien sûr merci aux libraires, notamment pour leur super vitrine :
























mardi 10 octobre 2017

Le Lance-pierres de Porto-Novo -3- Le Film


Une fois n'est pas coutume, avec Julien Thomas nous avons à nouveau fait un petit film pour présenter mon dernier album, Le Lance-pierres de Porto-Novo.

Cette fois, pas d'animation mais de la prise de vue réelle, tournée au Bénin en août 2016, alors que je commençais tout juste à illustrer l'ouvrage.
Si vous avez 5 minutes, merci de la visionner en "HD", parce que cette ville et ses habitants le valent bien ;-)




Contrairement aux livres que j'ai illustrés jusqu'à présent, l’intrigue du Lance-pierres de Porto-Novo se déroule entièrement dans des lieux existants, quartiers de Porto-Novo, place de l'Indépendance, commissariat...
En faisant ce livre je voulais que les jeunes lecteurs français puissent accompagner les héros dans leur quotidien, dans leur ville.
Je voulais aussi que les lecteurs de Porto-Novo reconnaissent le décor, se sentent chez eux...

Florent Couao-Zotti nous a accompagné dans les rues de Porto-Novo, et nous a fait suivre le même itinéraire que le jeune Foyan dans le livre.
J'avais lu le texte depuis plusieurs mois, c'était extra de débarquer sur les lieux de chaque scène que je connaissais déjà par cœur. L'impression d'avoir littéralement plongé dans l'histoire.
Julien Thomas a profité de cette journée pour filmer les différents lieux visités (sauf le commissariat... pas trop envie d'aller titiller la police...)
Nous avons aussi proposé à l'auteur du texte de se présenter à vous, et de vous présenter un peu sa ville.

C'était très chouette de pouvoir visiter les lieux où se passe l'histoire, avant de l'illustrer.
Mais il ne fallait pas non plus que je me sente contrainte de reproduire à la lettre les décors existants. Je ne fais pas du photo-reportage... Aucun intérêt de reproduire scrupuleusement chaque rue de Porto-Novo, je voulais surtout que l'impression générale de la ville soit en phase avec l'ambiance qui y règne. Je ne voulais pas représenter une Afrique folklorique fantasmée depuis l'Europe, un décor dans lequel les Béninois ne se reconnaîtraient pas.
L'idée de ce film est de faire un va-et-vient entre l'image réelle et l'illustration fictive.
Une autre occasion de vous faire visiter Porto-Novo et découvrir certains aspects de sa culture.
J'espère que ça vous plaira !

Un GRAND merci à la magnifique lecture d'Allegra Nouatin, avec sa belle voix de conteuse elle vous fera découvrir des extraits du livre.
Florent Couao-Zotti aussi s'est prêté au jeu et a lu d'autres passages de son texte.
J'espère que ce petit film vous mettra en appétit...

Si vous êtes curieux, je vous invite à voir une autre vidéo avec des images filmées par Julien Thomas et Arnaud Ly Van Manh. Il s'agit d'un clip pour le morceau "Splash" de Disiz La Peste. Le titre est produit par Stromae. Arnaud Ly Van Manh à la -superbe !- réalisation.
 Les images sont canons... c'est par ici :
Splash - Disiz La Peste

La prochaine fois je vous parlerais (enfin !) un peu plus de l'histoire de l'album, et de Porto-Novo.
Ainsi que des masques Gèlèdè et des lance-pierres Yoruba-Nago.









mercredi 4 octobre 2017

Le Lance-Pierres de Porto-Novo -2- Lettres Noires


Aujourd'hui sort en librairie l'album
Le Lance-Pierres de Porto-Novo,
écrit par Florent Couao-Zotti, aux éditions Sarbacane !
Pour le trouver près de chez vous, c'est par ici (clic) : Place des libraires.
Contrairement à ce qui est annoncé sur le net, cet album est selon moi plutôt adapté pour des lecteurs de 7 à 14 ans (et + + bien sûr, comme tous les livres jeunesse avec des bons textes).
J'ai déjà longuement expliqué dans mon dernier article comment ce projet a vu le jour et pourquoi il me tenait tant à cœur, mais j'ai encore plein de choses à raconter !









En recherchant un auteur pour pouvoir illustrer une histoire made in Bénin, j'ai mis le nez dans la littérature francophone d'Afrique.
La chance a voulu qu'à la même période, l'auteur Alain Mabanckou était invité à donner des cours au Collège de France ayant pour sujet : Lettres noires : des ténèbres à la lumière.
Il y a du chemin pour rattraper mes (nos?) ignorances en littérature africaine. Ces leçons sont la plus belle invitation à découvrir ses auteurs.
MERCI internet, parfois tu es merveilleux : toutes les leçons sont disponibles gratuitement ici : Lettres noires : des ténèbres à la lumière
Plus de 15 heures de cours sur la littérature d'Afrique noire, il y a de quoi faire n'est-ce pas ?
La voix d'Alain Mabanckou accompagnait à merveille les longues heures de peinture pour illustrer Le Lance-pierres de Porto-Novo.



 
De mes lectures, je ne vais parler que de Peau Noire Masques Blancs de Frantz Fanon, car, alors que ce n'était pas un thème que je m'attendais spécialement à trouver dans cet ouvrage, l'auteur aborde un sujet qui m'est cher : la littérature jeunesse.
Aux Antilles, le psychiatre observe comme les jeunes enfants (noir et métis) s'identifient aux héros blancs de leurs bande-dessinées, alors même que ces derniers massacrent des populations de "méchants sauvages noirs et sanguinaires" dans l'histoire. Les conséquences psychologiques de telles identifications aux héros y sont bien analysées.
Si la littérature jeunesse a (heureusement !) bien évolué depuis, il reste encore un grand questionnement sur la diversité dans la représentation des héros.

Au Bénin, j'ai été dans quelques bibliothèques dans des écoles primaires. Les budgets étant serrés, les livres qu'on y trouve sont quasiment tous des dons de livres défraichis venus de France.
Même s'il y a des livres pour enfants créés au Bénin par des Béninois, ils sont peu nombreux, et ont surtout un but pédagogique, préventif.
Le jeune écolier béninois qui veut lire de la fiction aura donc un choix avec 90% de héros blancs, vivant dans un univers qui ne ressemble en rien à son quotidien.
Je ne veux critiquer d'aucune façon les supers associations qui font parvenir des livres jeunesse et scolaires en Afrique francophone, mais on peut tout de même s'interroger sur les conséquences psychologiques de cet accès à la lecture.
Il y a beaucoup de bons dessinateurs au Bénin, j'espère que l'offre en fiction jeunesse va bientôt s'étoffer sans avoir à passer par les éditions françaises.

Pour revenir à la France, nous avons la chance d'avoir de très chouettes albums jeunesse en rapport avec l'Afrique de l'Ouest, avec des auteurs et illustrateurs d'origine africaine ou française. Il serait trop long de vous donner tous mes coups de cœur...
Il y a une grosse majorité de contes, par rapport aux fictions contemporaines. J'adore les contes, et c'est bien entendu génial de faire connaitre au plus grand nombre les merveilleux contes du répertoire africain. Mais, mais... je déplore qu'il n'y ait que trop peu de récits modernes et contemporains avec pour cadre le sol africain. Un enfant français qui découvrirait ce continent exclusivement par le conte, n'aurait qu'une vision passée, figée dans un très flou "il était une fois" où il n'y avait que des habitations en terre et la savane à perte de vue...
Ces craintes se sont confirmées alors que je faisais une rencontre scolaire dans une classe de primaire. Je parlais de mon projet d'album, et disais que j'avais beaucoup de plaisir à peindre les habits colorés des personnages, parce que les béninois sont super bien sapés.
"Quoi ? s'étonne un élève, ils ne sont pas tout nus, les enfants africains ?" Je demande pourquoi il pense ça, il répond : "Kirikou est tout nu !"
J'adore Kirikou, mais ...
Une autre fois, toujours dans une classe, alors que je montre les premières images du livre, j'entends "Oh ! Mais ils ont aussi des téléphones portables en Afrique ?!"
(je ne me moque pas de ces jeunes enfants, mais ça en dit long sur la représentation de l'Afrique aux plus jeunes)
Bref, de quoi me remotiver à fond pour travailler sur cet album. Toute petite contribution certes, mais petit à petit...







Petite parenthèse cinéma :

En lisant les chroniques culturelles de Florent Couao-Zotti, j'ai découvert trois réalisateurs d'Afrique de l'Ouest : grand bien m'en fasse.
(hé oui, les ténèbres -comme dit Mr Mabanckou- pour moi n'étaient pas que sur la littérature, mais aussi sur le cinéma...)
Si vous n'avez pas encore vu leurs films, foncez :
Djibril Diop Mambéty, réalisateur sénégalais
(Hyènes est mon préféré, mais tous ses films sont à voir)
Souleymane Cissé, réalisateur malien
(Son film Yeelen est BEAU)
Idrissa Ouedraogo, réalisateur burkinabè.
Comme Florent Couao-Zotti l'écrit, certains films de ces réalisateurs ne sont pas 'juste' des bons films d'Afrique de l'Ouest: ils sont des chefs d’œuvres du cinéma mondial.









Oula je suis bavarde...
Je vous laisse pour cette fois-ci.

À bientôt pour.... UN FILM !
On est sur le montage, on a hâte de vous montrer ça...











vendredi 15 septembre 2017

Le Lance-pierres de Porto-Novo -1- La naissance du projet


























 




 






 Bonjour ! Né a fon gbon ?*
* Comment ça va ?


J'ai été très avare en image cette dernière année,
mais il est temps de me rattraper pour vous présenter mon dernier ouvrage,
qui sortira le 4 octobre prochain.






Avant de trop vous en montrer je voudrais revenir sur l'origine du projet.

En septembre 2015, je suis partie un mois dans un fabuleux pays, le Bénin.
En plus d'avoir eu sur place un accueil merveilleux (merci les amis !) j'ai eu le temps de mettre un pied dans la vaste culture des peuples béninois.
Ce fut l'un des pays d'où il m'a été le plus difficile de repartir, et pour faire passer la pilule du retour en France, je me suis convaincue de ne pas en rester là :
De revenir d'une part,
et d'autre part de tout faire pour avoir un projet éditorial en lien avec ce pays.




 



Dès mon retour, je prolonge le plaisir des découvertes béninoises en lisant des auteurs de ce pays. Avec le rêve de trouver un auteur ou une autrice (oui j'essaie de m'habituer à ce terme pour toutes ces raisons) avec qui je pourrais éventuellement collaborer pour un projet futur...
Inutile de vous dire que l'engouement pour un auteur rend l'illustration de ses textes MILLE FOIS plus passionnante.
Mon souhait est, de préférence, de trouver un auteur qui vit et qui est lu au Bénin.
Je découvre comme cela les textes de Florent Couao-Zotti.
Malgré le froid hivernal, dès les premières lignes je suis transportée sur les plages de Ouidah sous un ciel lourd et moite...











Si vous ne connaissez pas l'auteur, quelques lignes :

À sa naissance en 1964, sa mère est sage-femme à l'hôpital de Pobé et son père fonctionnaire à l'Organisation commune Bénin-Niger, une société de chemin de fer. En 1973, sa mère meurt d'un cancer à l'hôpital de Porto-Novo. Florent Couao-Zotti vit deux ans chez sa grande sœur à Parakou, puis chez son père à Cotonou, dans la maison familiale. Il y retrouve une fratrie de dix enfants. Deux de ses frères, qui participent à la série littéraire Edgard et Ludovic avec un ami du quartier, parlent beaucoup des grands auteurs français, anglais et américains. Son père, Gilles, ancien instituteur, aime aussi la littérature.
Au début des années 1990, sous l'ère du "Renouveau démocratique", il occupe successivement les fonctions de rédacteur en chef de deux journaux satiriques (Le Canard du Golfe et Abito), puis est chroniqueur culturel dans plusieurs quotidiens.
Depuis 2002, Florent Couao-Zotti se consacre entièrement à l'écriture qu'il décline dans différents genres littéraires (romans, nouvelles, pièces de théâtre) et dans les arts narratifs (bande-dessinée, série télévisée et films vidéo).
Il publie aussi des chroniques dans le quotidien indépendant La Nouvelle Tribune.




Je vous invite grandement à écouter son intervention sur RFI en août dernier pour l'émission Les Grandes Voix de l'Afrique :
En plus de son interview vous pourrez aussi entendre des superbes extraits de ses textes lus à merveille.

De son œuvre, j'ai particulièrement aimé ses nouvelles :
Poulet-bicyclette et Cie, éditions Gallimard
L'homme dit fou et la mauvaise foi des hommes, éditions Le Serpent à plumes
et son roman Les Fantômes du Brésil, éditions UBU.
pour ne citer qu'eux.
Si vous êtes lecteur de romans noir / polar, il y en a aussi de très bons aux éditions Jigal et Le Serpent à Plumes.

Bien que très polyvalent dans sa pratique de l'écriture, Florent Couao-Zotti n'avait pas encore écrit pour des albums jeunesse illustrés.
Mais savoir écrire des nouvelles (et donc des textes courts) aussi bien, avec autant d'intensité dès les premières lignes, m'a laissé deviner qu'il serait parfait dans l'écriture d'albums illustrés -si tant est que ça l’intéresse.
C'est donc intimidée mais poussée par la motivation que je lui ai écrit un email, en lui faisant part de mon envie d'illustrer un texte inédit de lui.

Sa réponse ne s'est pas faite attendre... et m'a réjoui au plus haut point.
Quelques semaines plus tard, je recevais une merveilleuse histoire :
Le Lance-Pierre de Porto-Novo





J'ai pensé tout naturellement aux éditions Sarbacane pour leur proposer le texte et leur faire part de mon envie de l'illustrer.
Leur réponse positive a donné le coup d'envoi. Il m'aura fallu une longue année pour illustrer ce gros projet.

Voilà pour la petite histoire.

J'ai pris les photos ci-dessus lors de mes deux premiers séjours sur place. 
La prochaine fois, promis : plus d'illustrations du livre, moins de photos !
Je n'ai pas fini mon traditionnel long monologue, et la longueur de mon texte sera proportionnelle à mon enthousiasme sur le projet, à savoir LONG.

Pour la suite ce sera :

- Mes rattrapages sur mon (notre?) retard sur les productions culturelles d'Afrique de l'Ouest
(bref, mes petites découvertes que je veux vous faire partager)
- Le Gèlèdé c'est quoi ?
- La ville de Porto-Novo
- Le Lance-pierres Yoruba, et les heureuses coïncidences comme il n'y en a que sur le sol africain...  

 (ci-dessous ma première proposition -non retenue- de la couverture)
 




À bientôt !